30 septembre 2026

Fondation Vivre ma santé mentale: reprendre du pouvoir sur la maladie

6 min

La Fondation Vivre ma santé mentale aide les personnes vivant avec un trouble anxieux, psychotique ou de l’humeur à reprendre du pouvoir sur leur maladie grâce à des activités inclusives, diversifiées et gratuites.

Le Dr Luc Cossette, psychiatre à l’Hôpital d’Alma, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, a cofondé la Fondation Vivre ma santé mentale. Cet organisme à but non lucratif (OSBL) aide les gens vivant avec un trouble de santé mentale à reprendre du pouvoir sur leur maladie en devenant des acteurs de leur rétablissement. « Nos activités inclusives et gratuites contribuent à briser l’isolement et à insuffler de la confiance et de la motivation aux personnes, affirme le médecin spécialiste. Cela entraîne une amélioration de leur qualité de vie et, conséquemment, une diminution de leurs symptômes et une réduction de la médication et des hospitalisations. »

Troubles anxieux, psychotiques ou de l’humeur: au-delà de la médication

L’idée de cette approche remonte aux années de résidence du Dr Cossette. « En psychiatrie, on considère que le traitement de la maladie mentale repose sur trois piliers : l’implication du patient (40 %), son entourage (30 %) et la médication (30 %), explique-t-il. Dès le début de ma pratique, j’ai constaté que les médicaments ne réglaient pas tout. J’ai donc commencé à réfléchir à un système qui mobiliserait davantage le patient dans son processus de guérison. »

Le Dr Cossette explore alors plusieurs avenues en vue d’amener les patients à réinvestir leurs capacités. Au fil des ans, une idée prometteuse se dessine : un OBNL axé sur les besoins essentiels des gens vivant avec un trouble anxieux, psychotique ou de l’humeur. Il rallie plusieurs professionnels de sa région autour d’un projet : un havre accueillant pour aider les personnes fragilisées à briser l’isolement, à démystifier leur maladie et à retrouver l’espoir. En 2014, la Fondation Vivre ma Santé mentale voit le jour.

Permettre aux patients de reprendre du pouvoir sur leur santé mentale

Aujourd’hui, la Fondation Vivre ma santé mentale propose une programmation diversifiée — cuisines collectives, artisanat, activités sportives — dans un milieu chaleureux, respectueux et sans jugement. Elle accueille une clientèle référée par l’un des 400 intervenants en santé mentale de la région. La participation reste volontaire. Si certaines personnes démontrent une réticence au début, elles prennent rapidement gout aux ateliers.

« Les activités permettent aux gens de socialiser davantage, de retrouver des sources de motivation et de reprendre un horaire de vie plus équilibré, dit le Dr Cossette. Nous n’exerçons aucune pression : nos membres participent au gré de leurs capacités, de leurs disponibilités et de leurs intérêts. Certaines personnes, même si elles sont rétablies, continuent de fréquenter la Fondation. Cela crée une communauté où règnent l’échange et la bienveillance. »

La Fondation pilote d’autres initiatives de promotion de la santé mentale, telle que la formation « Les alliés en santé mentale », qui vise à instruire la population sur les approches à adopter pour bien accompagner les personnes atteintes de troubles de santé mentale. « Nous collaborons aussi avec le programme de Techniques policières du Collège d’Alma pour aider les futurs policiers à mieux comprendre la réalité de nos adhérents, ajoute le psychiatre. Les étudiants assistent à certaines de nos activités et en ressortent avec une perception différente, plus humaine, de la maladie mentale. »

Fondation Vivre ma santé mentale : une approche visant un rétablissement pérenne

Depuis sa création, la Fondation Vivre ma santé mentale a soutenu plus de deux mille personnes à travers la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Aux dires du Dr Cossette, les retombées sont palpables : diminution du nombre et de la durée des hospitalisations, réduction de la médication, meilleure observance du traitement. Certaines personnes réintègrent le marché du travail après plusieurs mois, voire plusieurs années, tandis que d’autres s’investissent dans le bénévolat.

Et, fait appréciable, les activités attirent des populations difficiles à rejoindre, notamment les hommes et les jeunes présentant un début de schizophrénie. « Cela procure un réel soulagement pour les familles, déclare le médecin spécialiste. Des parents me demandent ce que j’ai changé à la médication de leur enfant pour qu’il reprenne ainsi goût à la vie. Je leur réponds que nous lui avons simplement transmis une passion. »

« Dès la première rencontre du conseil d’administration, j’ai eu la certitude qu’on venait de créer quelque chose qui ferait la différence, se souvient le Dr Cossette. En permettant à nos patients de reprendre du pouvoir sur leur maladie et de devenir acteurs de leur rétablissement, ils reprennent confiance en eux, se sentent moins seuls et recommencent à investir dans leur bien-être. Plus encore, certains redonnent au suivant en soutenant d’autres personnes. Lorsque l’humain appuie l’humain, il n’y a absolument rien d’impossible. »

Accéder à cette innovation

Si vous êtes un intervenant en santé mentale et que vous souhaitez mettre en place une ressource axée sur les besoins essentiels des personnes aux prises avec un trouble de santé mentale, le Dr Cossette pourra partager avec vous quelques principes ayant permis la concrétisation de son projet. Nous vous invitons à communiquer avec l’équipe de persée, qui vous mettra en contact avec le Dr Cossette.

Si vous ou l’un de vos proches vivez avec un trouble anxieux, psychotique ou de l’humeur et que vous habitez la région du Saguenay Lac-Saint-Jean, nous vous invitons à discuter de cette innovation avec votre équipe psychosociale ou votre médecin traitant. Celui-ci pourra, au besoin, vous orienter vers la Fondation Vivre ma santé mentale afin que vous puissiez bénéficier de ses services.